messager sagittaire


serpate

Le messager sagittaire est un rapace diurne de grande taille qui vit dans les zones arides de l’Afrique subsaharienne. Endémique du continent africain, c’est une espèce monotypique, seul membre de la famille des sagittaridés. Du fait de son corps de rapace et de ses longues pattes d’échassier, on ne peut le confondre avec d’autres oiseaux de proie. En effet, aucun autre membre de l’ordre des  accipitriformes ne lui ressemble. Son comportement, essentiellement terrestre, est également unique pour un rapace africain. De par sa silhouette, sa couleur grise et son comportement, il peut être confondu avec certaines grues ou outardes. La tête, au sommet d’un cou assez allongé, est relativement petite. Le bec gris clair est fort et crochu. Le messager sagittaire est présent du niveau de la mer jusqu’à 3 000 mètres d’altitude. Les savanes, les steppes, les pâturages et les semi-déserts sont ses biotopes de prédilection. Il affectionne les zones ouvertes légèrement boisées où les herbes ne dépassent pas un mètre de hauteur (très certainement afin de conserver une bonne vision du sol et des alentours). Il est également présent dans les régions agricoles, car elles offrent de bonnes opportunités alimentaires. Le messager sagittaire est un oiseau monogame qui peut se reproduire toute l’année. Un pic est tout de même constaté entre août et mars sur toute la zone au sud de la Zambie. Le couple fréquente généralement le même nid pendant plusieurs années. Il est construit, par les deux partenaires, en général à une hauteur variant de 3 m à 7,5 m au sommet d’un acacia ou d’un arbre épineux (en Afrique du Sud, les pins isolés sont également utilisés). Large de 1,5 m à 2,5 m, il a une profondeur approximative de 30 à 50 cm. Il est constitué de branches et de brindilles, et est tapissé d’herbes et de poils de mammifères. Cette dernière couche sera renouvelée à chaque nidification. Lorsque le poids de la construction devient trop important et menace la solidité du support, il sera abandonné.
Pendant la période nuptiale, le couple effectue des vols de parade assez semblables aux autres rapaces. Ainsi ils peuvent faire des cercles à différentes altitudes. Le mâle vole aussi de façon acrobatique et ondulée ; il peut monter à une altitude élevée pour plonger brusquement vers la femelle qui se retourne et lui présente ses serres. Au sol, les parades sont très semblables à celles des grues ; les deux oiseaux paradent ailes déployées, vers le haut et en arrière, en une attitude qui rappelle celle adoptée lors de la chasse. L’accouplement se passe généralement au sol, mais a quelque fois lieu sur un acacia. La couvaison dure de 42 à 46 jours. Elle est partagée par le mâle et la femelle, cette dernière assurant plus fréquemment cette tâche. Pendant cette période le mâle lui apporte la nourriture au nid. Celle-ci pond de un à trois œufs (souvent 2), blanc crayeux avec des marbrures marron rougeâtre. Les pontes sont espacées de deux à trois jours. Le troisième œuf, lorsqu’il existe, est rarement fécondé.
S’il parvient à éclosion, la probabilité que le poussin meure d’inanition est très importante. En effet, il ne peut rivaliser avec le reste de la couvée qui est plus âgé. Les poussins sont couverts de duvet blanc et ont une tête qui semble disproportionnée par rapport au reste du corps. À l’âge de deux semaines, ils deviennent gris et vers trois semaines la crête commence à apparaître. Les deux parents les nourrissent par régurgitation et leur apportent un soin constant durant les 40 premiers jours. À ce stade, ils sont à même de se nourrir seul. Les adultes se font alors moins présents, ne se rendant au nid que pour leur apporter à manger. Après six semaines, ils arrêtent de régurgiter la nourriture et apportent des proies entières qu’ils donnent directement aux poussins. Vers 60 jours, l’oisillon commence à battre des ailes, et abandonnera le nid peu après. Il acquiert le plumage adulte à un âge très variable (de 64 à 106 jours). Les juvéniles quittent alors le nid mais restent à proximité. Ils suivent les parents dans leurs recherches de nourriture et sont ainsi initiés aux techniques de chasse. Une fois autonomes, ils quittent le territoire des parents. Il arrive cependant qu’ils y soient tolérés jusqu’à ce que les adultes les chassent en vue d’une autre nidification. Lorsque les conditions sont favorables, le messager sagittaire peut avoir une couvée tous les dix mois.
C’est lorsqu’ils sont au nid que les jeunes sont les plus vulnérables et exposés aux prédations.
Celles-ci sont souvent perpétrées par des corbeaux, des oiseaux de proies (par exemple grand-duc de verreaux, milan) ou des calaos (bucorves du sud). (Steyn, 1983) En Afrique Australe, région la plus propice à l’espèce, le territoire d’un couple varie beaucoup ; il va de 20 à 230 km², avec une proximité entre les nids qui est de 4 à 15 km. Plus rares sur le reste du continent, le territoire des messagers sagittaires, couvre une surface d’environ 500 km².